Note d’intention, Laure Terrier, chorégraphe, Cie Jeanne Simone

C’est avec plaisir que j’écris ces quelques lignes pour soutenir une artiste et un travail que je soutiens.

J’ai rejoint la création Hagati Yacu en 2013, parce que Dalila Boitaud, qui porte et écrit ce projet ambitieux et sincère, m’y a invitée en tant que chorégraphe. Il s’agissait pour moi d’aider Dalila à l’écriture d’un des trois épisodes qui constitue cette pièce, ainsi que d’aider les interprètes à trouver ce rapport au corps et au rythme qui s’approche de la danse en restant du théâtre, tout autant qu’à les aider à trouver des supports concrets et physiques  pour ne pas se faire mal dans l’effort qui leur ait demandé dans cet épisode.

J’ai accepté parce que le travail de la compagnie m’interpelle depuis un moment déjà. C’était donc l’occasion de m’en rapprocher, de mieux cerner les enjeux et les processus de création de Dalila Boitaud et de son équipe.

J’ai découvert un univers fort, secouant et porté par des interprètes très engagés et prêts à l’être encore davantage. Se nourrir du génocide du Rwanda, c’est plonger dans le sang, la violence de l’homme, notre côté obscur… Nous avons cherché ensemble comment le corps des interprètes pouvait témoigner de ces états, les donner à lire, à ressentir, tout en leur donnant ressource et recul, tout en trouvant la juste distanciation.

Dalila m’a donné un cadre d’expérimentation clair, tout en me permettant de mener ma barque sous sa supervision.

Nous avons donc plongé ensemble dans le corps et ses rouages. Nous l’avons expérimenté, mis à l’épreuve, chahuté par le décor et ses palettes. Nous avons confronté les corps les uns aux autres, abordant l’étreinte et la violence, l’épuisement tout autant que la précision.

Je suis heureuse de cette relation de travail et repartirai volontiers dans l’imaginaire de  cette équipe, au Rwanda ou ailleurs…

Laure Terrier

Danseuse chorégraphe

Compagnie Jeanne Simone

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