Chroniques rwandaises / 5 novembre 2013

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Chroniques rwandaises

5 novembre 2013

En guise de conclusion éphémère …

Nous avons poursuivi notre chemin vers les sites mémoriels, outre ceux dont nous avons parlé en particulier, nous devons citer également : Kibilizi, Kansi, Mugongwa,  Gatwaro, l’Eglise Saint Jean, l’ETO, Nyanza Kicukiro, le stade Amahoro.

Ce sera tout pour cette fois, conscients d’un travail qui débute et trouvera sa justesse dans la suite que nous saurons donner à ce parcours.

Sur notre route, il y a eu de profondes interrogations, des colères graves, des discussions douloureuses et des instants de vide face au gouffre que laisse une telle violence dans chaque recoin de ces si belles collines.

Mais il y a eu aussi des autres, des rencontres si importantes ; celles et ceux que notre ami Bruce Clarke appellent si justement : « les hommes debout ».

Des hommes et des femmes, rescapés de l’horreur qui ont pris un temps précieux pour nous accueillir dans leurs histoires, dans leurs vies d’avant, pendant et depuis maintenant presque vingt ans.

Sans eux, nous serions restés non voyant.

Qu’ils en soient ici profondément remerciés : Jean Pierre, notre « papa » du voyage, Yolande et Régis, Gad, Jean-Marie, Marie-Grâce, Paulin, Sandrine, Elise, Gaspard, Michel, Serge, Luc, Jean Emmanuel, Bernadette, Eugène, Aloys, Antoine, Simba, Aristak, Kizito, Aimable, Jean-Bosco, Naphtal, Florence, Célestin, Méthode, Léontie, Madeleine, Donatie, Claudine, Pascasie, Sœur  Geneviève, Jean-Damascène, Carole, Dieudonné, Jean Bizzi, Modeste, Jean-Claude, Marie.

Nous avons appris bien des choses et nous devons désormais transformer ces espaces partagés avec l’autre, avec l’humanité dont nous sommes un extrait sensible.

Ce ne sera pas si simple parce que le pire est une réalité quand il y a dix neuf ans, dans un pays aussi beau que le Rwanda, l’humain est devenu une torture organisée pour répandre le sang, la violence et la haine.

Nous avons cela dans l’esprit, dans la pensée comme dans le ressenti et nous devons continuer à dire ce qui reste en travers de la gorge, ce qui ne peut que pleurer et crier.

Les écrits de notre ami George Didi Hubermann nous furent si chers durant ce voyage.

Il écrit « se plaindre, c’est aussi porter plainte ».

Nous poursuivrons en ce sens, ce qui n’est qu’un début pour nous, et tant d’années de luttes et de dignités pour nos confrères rwandais.

Dalila Boitaud Mazaudier

Cécile Marical

Vincent Mazaudier

Adrien Maufay.

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