Aurillac 2014 : Perturbations résistantes avec menaces d’éclaircies ! L’actutalité de la Scénographie, Octobre 2014 par Stéphane Goni

(…) Sur une idée de Dalila Boitaud-Mazaudier et Cécile Marical, la Compagnie UZ et Coutumes avec Hagati Yacu (entre nous) revient sous forme théâtrale sur l’effroyable génocide du Rwanda. En trois volets à des moments distincts de la journée, 11 h, 15 h & 17 h 30, pour mieux faire prendre conscience de la temporalité du processus. Car “ce n’est pas une petite affaire que le chaos” est-il dit en cours de représentation. Le premier rendez-vous a lieu en pleine rue, le public est accueilli puis guidé sans le savoir par les futurs bourreaux, des hommes bien mis forcément. Sur une idée juste d’Adrien Maufay, scénographe, des palettes sont dispersées dans une rue condamnée pour l’occasion à la circulation. Ces palettes serviront d’assise pour les spectateurs tandis qu’aux extrémités de frustres constructions du même matériau évoquent discrètement un monde villageois. Le public se trouve ainsi tout près du drame et sans bien savoir de quel côté il est situé. Toute cette première partie du triptyque est une mise en espace perturbante de la proximité. Retraçant d’ailleurs un drame qui pourrait bien s’être produit  n’importe où sur la planète. Le choix étant fait, d’effacer toute allusion au Rwanda. Des propos en ricochets sur le quotidien laissent percer un climat qui enfle graduellement, inéluctablement, d’une maison à l’autre. Quasi étude de mœurs, cet écheveau de conversations dessine le chemin menant à la haine de l’autre. Une fable universelle.

Le deuxième volet donné dans un square selon une scénographie plus conventionnelle, frontale, oppose violemment les bourreaux négationnistes incitant à ne pas croire tout ce que l’on raconte aux témoignages douloureux enregistrés. L’ultime rendez-vous conduit le cortège du public à l’intérieur d’un gymnase où un parti pris plastique évoque les corps agonisants qui tracent de longues trainées peintes sur de véritables kakémonos de l’horreur. (…)

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Hagati Yacu, Cie UZ et Coutumes, la machine du génocide rwandais en trois épisodes - Photo © Stéphane Goni

Hagati Yacu, parti pris plastique du dernier épisode - Photo © Stéphane Goni

L’actualité de la Scénograpgie, par Stéphane Goni, Octobre 2014.

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